Les travailleuses domestiques migrantes et l'escalade de la guerre au Moyen-Orient

La Fédération internationale des travailleuses domestiques (IDWF) se joint au mouvement syndical mondial pour appeler à un cessez-le-feu immédiat et à une désescalade au Moyen-Orient.

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), environ Les États arabes emploient 6.6 millions de travailleurs domestiques, ce qui représente 8.7 % des travailleurs domestiques dans le monde. et une estimation 83 % d'entre eux sont des travailleurs migrants. La plupart migrent sous des régimes profondément coercitifs et travaillent sous les ordres de kafala Ce système les lie juridiquement à un employeur. Dans la région MENA et les pays du Golfe, les systèmes de soins dépendent fortement des travailleuses domestiques migrantes, qui constituent l'épine dorsale de l'économie des soins de la région. Pourtant, en temps de guerre, ce sont précisément ces travailleuses qui font vivre les ménages, prennent soin des familles et soutiennent les économies nationales qui sont souvent les premières à être abandonnées et exclues de toute protection. 

Les travailleuses domestiques – majoritairement des femmes migrantes – figurent parmi les personnes les plus vulnérables en temps de conflit et sont actuellement confrontées à une crise humanitaire catastrophique liée à l'escalade du conflit suite à la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël. En particulier dans les pays du Golfe, nombre d'entre elles sont isolées dans des logements privés, avec un accès limité à l'information, aux communications et aux voies d'évacuation. Beaucoup se voient confisquer leurs passeports et leurs papiers d'identité par leurs employeurs, n'ont que peu de contacts avec leurs familles restées au pays et sont souvent exclues des mesures de protection d'urgence ou se voient refuser l'accès aux abris anti-bombes.

Il y a quelques heures à peine, quinze pays étaient déjà touchés par ce conflit. De nombreux civils ont péri et, sans surprise, les travailleurs migrants sont les premières victimes. Les travailleuses domestiques migrantes sont piégées dans leurs maisons ou abandonnées dans la rue, sans abri où se réfugier et sans ressources suffisantes pour rentrer dans leur pays d'origine. Cette exclusion systémique de toute protection engendre une vulnérabilité systémique et impose des sacrifices inimaginables aux travailleurs migrants et à leurs familles, qui sont les premiers à payer le prix des conflits géopolitiques. Le mouvement mondial des travailleuses domestiques condamne cette agression et appelle à une protection renforcée pour préserver leur vie, leur sécurité et leur dignité.

Adriana Paz, secrétaire générale de l'IDWF

Les rapports des affiliés et partenaires de l'IDWF dans la région mettent en lumière des préoccupations urgentes : des travailleuses domestiques migrantes n'ont pas accès aux services d'information ni au soutien des ambassades, des travailleuses sans papiers sont dans l'incapacité de voyager et des abris sont indisponibles dans certains pays où elles pourraient trouver protection en cas d'urgence. Certaines travailleuses ont été déplacées, abandonnées par leurs employeurs ou privées d'accès aux besoins essentiels, à un abri ou à des soins médicaux.

Aucun travailleur ne devrait affronter la guerre seul ou sans accès à l'information et à la sécurité.

L’IDWF se solidarise avec les travailleuses domestiques migrantes de toute la région, ainsi qu’avec ses affiliés et partenaires. Nous appelons les gouvernements, les employeurs et les ambassades à :

  • Assurer la sécurité et la protection: fournir aux travailleurs migrants l’accès à l’information, à une aide d’urgence, à des abris et à l’inclusion dans des protocoles d’évacuation sécuritaires, quel que soit leur statut d’immigration.
  • canaux d'information d'urgence: mettre en place des lignes d'assistance téléphonique et des systèmes de communication accessibles afin que les travailleurs migrants reçoivent en temps opportun des instructions et des mises à jour en matière de sécurité. 
  • Passage sûr et rapatriementLes pays de destination et les ambassades des pays d'origine doivent coordonner le soutien logistique et financier apporté aux travailleurs qui doivent rentrer chez eux.
  • Protection des travailleurs sans papiers: garantir l’accès à l’évacuation, aux abris, aux soins médicaux et à l’assistance sans risque de détention ou d’expulsion. 
  • Accès aux documents d'identitéLes employeurs doivent immédiatement restituer les passeports et les documents personnels. 
  • recours en matière de protection des salairesIl est impératif de garantir une indemnisation et une protection financière aux travailleurs licenciés ou abandonnés pendant la guerre. Les gouvernements doivent mettre en œuvre des mesures d'aide financière, un soutien d'urgence et instaurer un filet de sécurité économique de base pour ces travailleurs et leurs familles.
  • Respect des droits des travailleurs et de la liberté d'association

La vie et la sécurité des travailleuses domestiques doivent passer avant tout !

L’IDWF se joint aux Fédérations mondiales du travail et à la Coalition pour la justice du travail pour les migrants dans le Golfe pour appeler à une action urgente afin de protéger les travailleurs en temps de guerre. 

Téléchargez les déclarations correspondantes ci-dessous :