Déclaration conjointe de la CSI Asie-Pacifique, des Fédérations syndicales internationales et des organisations régionales Asie-Pacifique sur les élections illégales et truquées de la junte militaire du Myanmar

Français Aujourd'hui, 15 septembre, à l'occasion de la commémoration de la Journée internationale de la démocratie, nous, les organisations syndicales internationales soussignées — l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) Asie-Pacifique, l'Internationale de l'éducation (IE) Asie-Pacifique, la Fédération internationale des travailleuses et travailleurs domestiques (FITD), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), IndustriALL, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), la Confédération syndicale internationale - Asie-Pacifique (CSI Asie-Pacifique), l'Union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes - Bureau régional Asie-Pacifique (UITA A/P), l'Internationale des services publics (ISP) Asie-Pacifique et UNI Global Union Asie-Pacifique — publions cette déclaration commune pour condamner sans équivoque les manœuvres dangereuses de la junte militaire du Myanmar pour légitimer sa dictature par le biais d'élections truquées prévues le 28 décembre.

Une parodie de démocratie

Aujourd'hui, alors que le monde célèbre les principes de la démocratie, la junte militaire illégale du Myanmar est démasquée pour son attaque incessante contre ces mêmes idéaux. Les prétendues « élections » orchestrées par le régime militaire ne constituent pas une restauration de la démocratie, mais un stratagème calculé pour consolider le régime militaire et étendre le contrôle autoritaire. Ces scrutins se déroulent dans un contexte de violence systématique, de détentions massives, de démantèlement de l'opposition authentique et d'exclusion de millions de personnes par le conflit et les déplacements. Ces conditions sont fondamentalement hostiles à des élections libres, équitables et participatives.

Depuis le coup d'État de février 2021, la junte mène une campagne de terreur et de répression contre le peuple birman. Plus de 5,000 30,000 civils ont été tués, plus de 151 37 détenus arbitrairement et des centaines de milliers de personnes déplacées. Les syndicats ont été systématiquement pris pour cible : au moins XNUMX dirigeants syndicaux ont été arrêtés et XNUMX tués en raison de leur militantisme. Ces attaques ont porté atteinte aux libertés fondamentales, notamment au droit à la liberté d'association et à la négociation collective.

L'attaque de la junte contre la liberté d'expression s'est également intensifiée. Au moins 11 professionnels des médias ont été tués depuis le coup d'État. Plus de 220 journalistes de plus de 100 médias ont été arrêtés, dont 176 inculpés en vertu de neuf lois distinctes, notamment pour incitation à la haine, « fausses nouvelles » et de vastes dispositions antiterroristes. En juillet 2025, 49 journalistes étaient toujours derrière les barreaux.

Les élections organisées sous la loi martiale, avec l'interdiction des partis politiques légitimes et indépendants, la réduction au silence des journalistes et des régions entières soumises à l'occupation et à la terreur, sont une parodie de démocratie. Elles ne constituent pas une voie vers la restauration, mais une façade délibérée. La « feuille de route » de l'armée est pavée de sang, d'intimidation et d'exclusion ; elle ne mène qu'à un autoritarisme permanent et à des souffrances persistantes pour le peuple birman.

Nous lançons donc cet appel urgent à la communauté internationale :

Rejetons les élections truquées de la junte birmane. Dénonçons et ne reconnaissons ni leur légitimité, ni leurs résultats, ni leur structure. Dénonçons ce spectacle pour ce qu'il est : un outil pour consolider le régime militaire et blanchir les violations des droits humains.

L'astuce de la junte pour changer d'image : de SAC à SSPC

Pour couronner le tout, la junte a rebaptisé son organe directeur, passant du « Conseil d'administration de l'État » (CAS) à la « Commission d'État pour la sécurité et la paix » (CSSP). Ce changement de nom est une stratégie visant à contourner les sanctions internationales. Le nom a peut-être changé, mais la violence, la répression et l'impunité demeurent les mêmes.

Nous appelons les gouvernements et les institutions multilatérales à combler cette lacune et à continuer sans relâche d'appliquer et de surveiller les sanctions. Tout manquement à sanctionner le SSPC, considéré comme la continuation directe du SAC, renforcerait la junte et compromettrait les efforts mondiaux de responsabilisation.

Il ne peut y avoir de démocratie sans le peuple

Le peuple birman s'est déjà exprimé. Par des manifestations de masse, la désobéissance civile et une résistance continue, il a clairement exprimé son rejet du régime militaire et exigé une véritable transition démocratique.

Nous sommes solidaires des travailleurs, des jeunes, des minorités ethniques et des forces démocratiques du Myanmar. Nous ne normaliserons pas la dictature. Nous ne resterons pas silencieux. Et nous ne permettrons pas qu'un processus électoral truqué vienne écraser la volonté du peuple.

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