« La reconnaissance des compétences est essentielle pour dignifier le travail domestique rémunéré »

Entretien avec María Elena Valenzuela

Le travail de soins réalisé par les travailleuses domestiques rend possible tous les autres travaux et est donc vital pour le fonctionnement et le bien-être des foyers et des familles. Cependant, les sociétés continuent de lui attribuer une faible valeur sociale et économique, le considérant comme un travail non qualifié et une extension du travail de soins non rémunéré attribué aux femmes. Cette sous-valorisation et invisibilisation historique du travail domestique rémunéré a servi d'excuse pour justifier les bas salaires et les conditions de travail précaires qui prévalent dans ce secteur.

Aujourd'hui, face à la demande croissante de soins à l'échelle mondiale et à la pénurie de services publics de soins accessibles et de qualité, les travailleuses domestiques jouent un rôle de plus en plus crucial dans l'économie des soins : les employées directement par des ménages privés représentent à elles seules 25 % de la main-d'œuvre mondiale dans le secteur des soins. Pour garantir le droit de tous les citoyens à recevoir des soins de qualité et, en même temps, des conditions de travail décentes à ceux qui les fournissent, il est essentiel d'adopter des politiques publiques globales qui promeuvent la reconnaissance, la valorisation et la formalisation des travailleuses domestiques.

Un premier pas fondamental vers la dignification du travail domestique rémunéré est la reconnaissance des compétences, la formation professionnelle et la formation liée à des opportunités d'emploi formel. Mais qu'entend-on exactement par reconnaissance des compétences ? Pourquoi est-ce si important pour améliorer les conditions de travail des travailleuses domestiques ? Comment la mettre en œuvre efficacement, sans laisser personne de côté ? L'experte María Elena Valenzuela répond à ces questions et éclaire un sujet central dans les discussions sur les soins.

*María Elena Valenzuela est sociologue et spécialiste des études de genre, de l'emploi, du travail domestique, de la migration et des politiques publiques, avec une longue carrière professionnelle dans des organisations telles que l'OIT et la CEPAL, ainsi que dans le gouvernement du Chili.